09/11/2010

Pourqoui tant de chrétiens innocents massacrés?

 

« Pourquoi tant de sang chrétien versé ?  Pourquoi tant de chrétiens innocents massacrés ? Laissons l’Irak vivre en paix « . Les mots sont tracés à la main sur une toile posée en évidence devant l’autel de l’église parisienne Notre-Dame de Chaldée, où une messe spéciale a été célébrée, ce dimanche, en hommage aux 50 chrétiens décédés dans l’attentat de l’église Notre-Dame du Salut, à Bagdad, le dimanche 31 octobre.

Discrètement logée dans un immeuble du 18e arrondissement, Notre-Dame de Chaldée est pleine à craquer. Serrés les uns contre les autres, des femmes recouvertes d’un voile de prière et des pères de famille endimanchés écoutent le prêtre, Monseigneur Petrus Yousif, « célébrer les martyrs de Jésus » et remercier « leur pays d’adoption », la France, « d’accueillir les blessés et leur famille ». Mais lorsqu’il entame en araméen la prière pour les défunts, l’assemblée, qui réunit en cette occasion chaldéens, catholiques qui suivent le rite oriental, et autres chrétiens, s’effondre en larmes.  

Myriam a le regard hagard. Ses yeux bleus transparents sont rougis par les larmes. Les mains crispées, elle tord son mouchoir avant de fondre à nouveau dans des sanglots incontrôlables. Le mari de sa sœur a été tué à Bagdad lors du dimanche sanglant.

« Mon beau-frère était orthodoxe, il n’était pas un habitué de l’église. Mais en rentrant chez lui, il a décidé de s’y arrêter pour prier. Il a appelé ma sœur Pascale pour lui dire qu’il rentrerait juste après la messe. Il n’est jamais revenu », raconte-t-elle émue après la messe.

Myriam n’a désormais qu’un souhait : que sa sœur, à présent veuve avec deux enfants à charge, la rejoigne à Paris. Cela fait déjà deux ans qu’elle-même a quitté l’Irak, avec son mari et ses deux enfants. Après avoir subi multiples intimidations, elle n’a pas eu d’autres choix que le départ.

« Mon fils aîné avait reçu des menaces, se souvient-elle. Un jour, alors qu’il sortait de l’école, trois garçons en voiture l’ont suivi, l’ont frappé au visage et l’ont menacé de mort parce qu’il était chrétien. Sans parler de mon mari qui a vu un collègue, chrétien également, se faire enlever dans sa boutique par deux hommes armés qui l’ont mis dans un coffre. Il n’est jamais réapparu. »

Ayant obtenu le statut de réfugiés politiques, Myriam et sa famille sont pour l’instant pris en charge par les centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA). Hébergés dans un foyer à Evry, il leur reste encore un an avant de devoir trouver leur propre appartement. Sans emploi et ne parlant pas français, la tâche s’avère ardue. Pourtant, malgré les difficultés d’intégration, il est inenvisageable pour eux de retourner en Irak. »

00:32 Écrit par Beno | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour ces derniers articles! Je n'ai pas eu le temps de les lire dernièrement, sauf tantôt.

À bientôt!

Georges

Écrit par : Georges | 19/11/2010

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