04/04/2010

JOYEUSES PAQUES!

"Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a vaincu le mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie!"

Pour tant de gens croisés dans la rue, dans les transports, sur les lieux de travail, Pâques est absent de leurs préoccupations. Un jour férié en plus, un bon repas où beaucoup de si gentils jeunes agneaux que j'ai vu dans les champs ont été massacrés gratuitement, puisqu'on n'a pas besoin d'en manger pour être en bonne santé (les lectures de cette nuit nous le rappelaient opportunément au contraire). Dans ma ville, c'est un tournoi de football qui dure 3 jours, ce matin j'ai croisé tous ces sportifs qui courrent, si seulement ils courraient aussi vite pour aller à l'Eglise, si seulement ils sondaient leur coeur pour avoir soif du Christ! La Résurrection leur est "étrangère". Dans quel état de pauvreté spirituelle ne sont pas nombre de nos contemporains! Et plutôt que de les juger ou de les blâmer, je ressens cela très fort en moi, nous devrions être comme Jésus, qui fut saisi de pitié devant les foules parce qu'ils les voyaient comme des brebis sans berger, des brebis égarées, auxquelles il ne tient pas moins qu'à celles qui sont dans la bergerie. Comment leur faire connaître la Bonne Nouvelle de Jésus et de sa Résurrection dans un monde où exprimer sa foi et surtout sa catholicité devient presque tabou? Dans un monde hostile surtout à l'Eglise catholique? Les personnes d'un certain âge, même si elles ne pratiquent plus ou ont abandonné l'Eglise, au moins connaissent des rudiments de foi. Mais quand je vois tous ces jeunes, de plus en plus nombreux, qui n'ont même pas été baptisés ni catéchisés, qui n'ont pas "fait leur communion" comme on dit, ou qui n'ont pas été confirmés, manquant de ce sacrement si essentiel pour la grâce de l'Esprit Saint, ils sont si loin de Dieu! Ils n'ont plus de repères, ils sont si pauvres, oui, si pauvres et même pas conscients de l'enfermement dans lequel ils sont (asservissement des masses par assoupissement, ça arrange bien les politiques). Je n'ai pas de réponses.

Un berger garde ses brebis; Jésus nous compare aux brebis, ce n'est pas pour nous manger, il inverse la logique humaine en se donnant lui-même à manger, ce qui scandalisa les juifs. La violence ne connaît pas les limites des espèces. Tant que des animaux seront tués, des humains le seront aussi. De même tant que l'on tuera des enfants dans le ventre de leur mère, il y aura les guerres. La paix ne se marchande pas. La racine du mal ne peut être extirpée que par les actes les plus fondatementalement non-violents qui soient: l'arrêt d'ôter la vie à quelque créature que ce soit, à quelque stade de son développement que ce soit.

Jésus est venu pour nous bouleverser, mais nous sommes loin, très loin, moi le premier, d'avoir bien compris.

Bonnes et saintes fêtes de Pâques à toutes et tous!

15:43 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à toi et aux tiens !

Écrit par : Seb | 04/04/2010

merci ...même s'il ne reste plus grand monde hélas.

Écrit par : Benoît | 04/04/2010

En effet, qui pourrait affirmer, étant humain, qu'il a "bien compris" ce qui transcende l'état humain ...
Mais s'agit-il de comprendre ? Il m'apparaît toujours que c'est la voie de la connaissance par le coeur, que c'est "épouser" la réalité jusque dans ce qu'elle a d'inconnaissable , qui importe. Il n'est donc point question de justice et d'idéal ici bas -donc de jugement et de morale en tant que valeurs suprêmes, tels qu'on les rencontre par exemple dans les règles fondatrices de nos républiques démocratiques- S'il s'agit néanmoins de les intégrer à ses choix de vie, c'est en ce qu'elles permettent de faciliter le passage du souffle de l'Esprit. Mais l'Esprit ne leur est point soumis et peut toucher un être embourbé jusqu'au cou dans ses maux, ses contradictions, tandis que son coeur a pu garder une faille, par laquelle tout son être, qu'il le sache ou non, aspire à l'Amour, à la Lumière.

Qu'est la résurrection, sinon le fait de se redresser d'entre les morts, c'est à dire d'accomplir le cycle humain jusqu'à épuisement de ses dimensions les plus lourdes afin de se relever avec son corps de Lumière, son corps délivré et accompli ... Révélation donc que l'ici et le maintenant sont à considérer comme un théâtre d'ombres, un royaume de symboles qui prépare qui les accepte et les vit comme tels au royaume du Réel, le royaume Divin.

Je partage, Benoît, ta souffrance de constater la surdité d'esprit de ce siècle. Elle résulte de glissements qui ont probablement commencé -pour schématiser- avec l'humanisme de la Renaissance, dans lequel le catholicisme s'est fondu, pour de multiples raisons qu'on dira d'adaptation et d'intérêt stratégique. Ainsi la "Science" est parvenue à métastaser le Réel tel qu'on le croyait , et en a étouffé certaines dimensions au profit d'un fonctionnalisme matérialiste. Ce qu'il demeurait de spirituel est devenu cette partie privée, cet accessoire, ce luxe toléré. Si l'Eglise a été écartée, n'est-ce pas parce qu'elle était rivale sur des territoires où les pouvoirs politiques et moraux sont en jeu ? Je ne veux pas jeter d'huile sur le feu, je sais seulement, de mon modeste point de vue nourri d'expériences qu'il n'est guère possible de considérer que l'Eglise catholique ne soit qu'une pure victime des temps cruels. D'ailleurs, dans la supposée dé-spiritualisation de nos temps, je ne suis pas sûr que, finalement, le religieux ait autant à y voir. Je me demande si les qualités d'autrefois qu'on ne retrouve plus dans nos jeunes générations occidentales, n'étaient tout simplement pas des qualités morales, qu'elles relevaient de la soumission et de l'obéissance, mais pas forcément de l'inspiration spirituelle. Si des mouvements tels que le communisme ont pu aspirer et recruter parmi les humbles et les soumis, il faudrait s'interroger ! S'interroger sur la faiblesse humaine et la qualité des bergers . La piété n'a pas nécessairement de lien à l'Esprit. Ni la sagesse. Ca peut sembler injuste, mais tant que nous nous laissons fasciner par les valeurs d'égalité pour ce monde, nous ne pouvons en aimer les manifestations innombrables et risquons de passer à côté de ce qui nous appelle au travers de visages peu engageants, de situations douloureuses, d'incongruités dérangeantes.

Quant tu parles, Benoît, de "pauvres" pour déplorer leur pauvreté... ne crois tu pas que tu les ostracises ? Irais tu à leur rencontre en les appelant "pauvres" ? Je n'imagine pas le Christ dans une telle attitude. Il donnait, il aimait, sans distinction, sachant et voyant en chacun sa part de pauvreté. Et il ne faisait pas de procès à qui ne l'acceptait pas, mais montrait les conséquences d'un coeur fermé. Ce disant, je ne donne pas de leçon, mais je me suis mis de suite à la place de ces pauvres, parce que je me sens pauvre en bien des domaines, ne serait-ce qu'en santé. Et justement, sur ce plan, je les ai entendu dans mon dos ces "autres pauvres" dire de moi : oh, comme il est malheureux avec son handicap, quel dommage ! A quel moment ont il eu l'élan d'aller vers moi, de me sourire et de demander en quoi ils pourraient m'aider? Et s'ils le faisaient, me demanderaient ils, au préalable , ma carte d'invalide ? Qui a des oreilles entendra.

Pâques, en tant que fête chrétienne parmi d'autres, est en effet absent ou presque des repères symboliques de l'existence. Ca ne veut pas dire qu'au fond des coeurs se soit éteint l'espoir de renaître, qui peut s'exprimer par des voies certes moins sacrées et métaphysiques. C'est à chacun qu'il appartient d'aller toucher en l'autre, par des gestes, des regards, des mots justes, cette porte intérieure ignorée, parfois plongée dans les ténèbres.Non par prosélytisme, mais par amour, par joie de l'autre, cet autre tout aussi autre et insaisissable, a priori, que l'est probablement Dieu. Et parfois, obtenir d'un être perdu un simple sourire sincère, c'est déjà toucher à la résurrection. ET quand je parle d'un être perdu, je songe aussi bien au jeune marginal qu'au super diplômé et brillant je ne sais quoi, et même à l'homme de religion, au mystique traversé par des crises. Ce n'est pas une profession de foi socio-politique que je fais, ce disant, mais une exhortation pour tous à accueillir l'autre tel qu'il est, sans rien présumer de lui ni jouer au naïf avec lui, sans lui coller une étiquette supplémentaire qui équivaut à une condamnation, sans confondre la disposition spirituelle d'avec la psychologie qui peut brouiller bien des cartes.

Oui, que l'appel à se redresser et à s'accomplir soit entendu par tous !

Écrit par : François | 06/04/2010

Pitié, je n'ostracise personne et c'est injuste de m'accuser, je suis bien assez ostracisé moi-même. Je rejjet cette accusation. C'est pourtant clair: je suis parti de Jésus qui copmparait ceux qui ne le connaissaient pas à des brebis sans berger, ni plus, ni moins.

Écrit par : Benoît | 06/04/2010

"Dans quel état de pauvreté spirituelle ne sont pas nombre de nos contemporains!"

Euh, il me semble que l'on peut vivre une spiritualité en dehors de la religion catholique, et même en dehors de toute religion. Je n'ai nullement envie d'accourir vers l'Eglise, en ayant "soif du Christ", et pourtant je ne me sens pas pour autant dénudé de spiritualité.

Écrit par : Frédéric Degroote | 12/04/2010

Pourquoi veux tu nier la vie des gens qui ne croient pas en Dieu ?
Pourquoi dire que ces gens qui ne vont pas à l'église sont sans repère ?
Pourquoi penser que ces gens sont assoupis et asservis ?
Alors qu'il y a tant de gens non croyant qui sont engagés et solidaires ?
Et qu'il y a tant de "grenouilles" de bénitier qui ne pensent qu'à leur ego ?

Écrit par : David | 12/04/2010

Cher David et Frédéric, je ne nie pas, je constate. C'est vrai qu'il existe des gens comme vous qui vivent une profondeur spirituelle corrolaire d'engagements concrets. Mais je constate que c'est loin d'être la majorité. Enfin, en tant que chrétien, sauf à renier mes convictions, je ne peux dire autre chose que je suis peiné pour ceux qui sont pauvres du Christ, parce qu'ils ne le (re)connaissent pas. Mon but n'est pas de froisser, mon but est que j'ai envie de partager cet amour du Christ, que je n'ai pas le droit d'enfouir sous le boisseau. Vous savez, l'écrit est trompeur, si nous débations en "réel", nous aurions sans doute d'autres réflexions et une autre vision. Bien à vous

Écrit par : Benoît | 12/04/2010

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