11/03/2010

Année sacerdotale

Peu de réactions au post précédent où je vous faisais part d'agressions homophobes que j'ai subies. J'espère tout de même que ce n'est pas parce que certains parmi vous auraient la même attitude que ceux qui dans l'Eglise cherchent à cacher les crimes, parce que j'ai mentionné d'avoir été agressé dans une institution d'Etat. Je trouverais cela absolument lamentable.

Mais aujourd'hui, alors que les reliques du Saint Curé d'Ars sont passées par la cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille à l'occasion de l'année sacerdotale lancer par le pape Benoît XVI pour susciter des vocations, je voudrais prendre le contre-pied et lancer un appel.

Oui, alors que Benoît XVI veut exhalter les vertus du prêtre (rappelons au passage que saint Jean Marie Vianney n'est pas le saint patron des prêtres, mais seulement des curés, c'est-à-dire ceux qui ont une charge curiale) dont le célibat, je dois rappeler la vérité. Le célibat des prêtres n'a aucune jusitification autre que disciplinaire et ne s'applique que dans l'Eglise catholique d'Occident. Dans les Eglises catholiques de rite oriental ratachées à Rome, des hommes mariés sont ordonnés prêtres, avec l'accord du pape. Pourquoi 2 disciplines différentes pour la même Eglise catholique? Je posais cette question à un prêtre d'Occident, il a bien sûr minimisé en disant que cela ne représentait que 5% de tous les prêtres catholiques. Mais si on rajoute les orthodoxes, c'est déjà plus équilibré. Je trouve d'ailleurs choquant le mépris des prêtres occidentaux pour leur frères prêtres orientaux catholiques. Réjouissons nous que le pape n'étende pas la discipline d'Occident à l'Orient, mais à l'allure où ça va sait on jamais: un libanais me disait qu'on envoyait les prêtres mariés dans des villages isolés.

Par ailleurs, dans notre Eglise catholique d'Occident des hommes mariés sont ordonnés diacres. Or ce qui compte c'est l'ordre et non le degré de l'ordre (diacre, prêtre, évêque). Des hommes veufs sont également ordonnés prêtres chez nous (pourvu que les enfants soient autonomes). Enfin les prêtres anglicans mariés qui demandent leur intégration dans l'Eglise catholique romaine sont acceptés.

Alors pourquoi maintenir cette obligation de célibat subi et l'élever en vertu? L'une des raison était que les biens du prêtres tombaient dans l'escarcelle parce qu'ils n'avaient pas d'enfants! Oui une raison bassement matérialiste!

Aujourd'hui je lance donc un appel pour que partout là où nous sommes nous fassions connaître à tous les catholiques cette vérité, et que nous demandions l'abolition d'obligation de célibat artificiel et injustifiable dans toute l'Eglise catholique, en Orient comme en Occident. Arrêtons de faire injure aux prêtres d'Orient, sont ils de moins bons prêtres? Pensons à tous ces jeunes pleins de bonne volonté qui se sentent appeler au sacerdoce et luttent héröïquement pour demeurer célibataire.Que de générosités gâchées, mais l'Eglisedu pape de Rome est de plus en plus championne en gâchis humain. Il nous faut faire ce travail d'information, car je crois que si on expliquait bien ces choses aux catholiques, ils comprendraient et ne s'opposeraient plus à l'ordianation d'hommes mariés en vue du sacerdoce.

Chaque chose en son temps. Il faudra aussi bien sûr expliquer qu'ordonner un prêtre homosexuel n'est pas plus dangereux qu'un prêtre célibataire hétérosexuel qui a une maîtresse, et cela je ne le blâme pas. Je blâme une Eglise remplie de Pharisiens. Je préfère une Eglise avec des hommes mariés prêtres que des célibataires qu'on oblige à avoir une double vie hypocritement.

Le temps est venu: "Ne soyez pas comme les Pharisiens..."

Cette dernière phrase est un bon thème de Carême ne trouvez-vous pas?

http://www.vatican.va/news_services/press/sinodo/document...)_

C'est sur le site officiel du Vatican, ensuite il faut descendre et cliquer sur:

S.B. E.ma Card. Nasrallah Pierre SFEIR, Patriarca di Antiochia dei Maroniti, Capo del Sinodo della Chiesa Maronita (LIBANO)

 

23:57 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

A quoi bon marier les prêtres? Qu'on leur demande leur avis. Comme j'ai dit l'autre jour à une brave dame qui me tenait un discours similaire : "A force de recevoir les confidences des gens mariés, je me dis que je suis heureux... Et que le mariage est probablement bien plus un sacrifice que mon célibat que certains disent "forcé"!!!! Mariage des prêtres? NON MERCI!

Écrit par : JP | 22/03/2010

libre choix il ne s'agit pas de marier les prêtres, mais d'ordonner des hommes mariés, ce qui n'est pas pareil. Vouloir que tous les prêtres soient mariés serait aussi ridicule que de vouloir qu'il soit tous célibataires. La question n'est pas là. La question est de laisser le libre choix, et qu'il n'existe aucune justification à laisser coexister 2 disciplines (celle d'Orient et celle d'Occident) dans la même Eglise catholique romaine. Je trouve dommage d'interdire l'accès aux ordres (on le fait bien pour les diacres y compris en Occident) aux hommes mariés, aux homosexuels, etc... Car je considère que l'Eglise, au lieu de susciter des vocations, fait barrage à de véritables vocations auxquelles sont appelés ces hommes et sa responsabilité dans la déchristianisation du monde est très lourde.

Écrit par : Benoît | 22/03/2010

Benoît,
On retrouve dans bien des sociétés des pratiques d'ostracisme plus ou moins violentes, perverses, à l'égard des "différents", des isolés, des "monstres" sur lesquels la bonne conscience et le bon droit des majorités permettent de se "défouler" plus ou moins impunément.
Pour ma part j'ai subi, ayant été enfant et pré-ado chétif et timoré, des années durant, dans le cadre de l'école, des sévices et humiliations, physiques, verbales, gestuelles. J'ai fréquenté l'école avec cette terreur quasi quotidienne au ventre. J'ai vu ces rictus et ces yeux de haine, de sadisme, d'inconscience. Je l'ai ai aussi ressenti vibrer, sous le masque des abrutis de ce monde, de ces "hommes" sinistres qui "en ont" et en imposent, ce besoin de violenter et de piétiner. Quand je vois l'état du monde, je comprends en quelles mains il est, des mains ignobles et tristes qui semblent avoir été faites pour briser, soumettre, souiller, meurtrir. De ces blessures je ne me suis pas remis, moi enfant naïf qui ignorait cette réalité, probablement trop protégé par la famille, trop bercé par des versions béates de la gente humaine. Ma découverte du collège fut une plongée dans l'exil glacial des forêts hantées par les loups, dans l'ignorance par les "grands", les responsables, de ce qu'est l'âme, et plus encore, l'âme d'un enfant.

Je ne fais pas une montagne de ce que j'ai vécu, bien que traumatisant, quand je compare aux horreurs ordinaires perpétrées par les "braves gens", qui peuvent même revendiquer je ne sais quelle tolérance, intelligence, "bonne éducation"... pendant que ces mêmes braves s'émeuvent hypocritement sur la délinquance des terroristes et des loubards .

Sans même prétendre moi-même être de ces braves, comment oserais-je affirmer que je n'ai jamais pris quelque plaisir à marcher sur le pied d'autrui ? Il est connu que le drame des violences subies jeunes notamment, c'est qu'elles s'impriment dans la victime comme source de jouissance, par delà même peut-être le simple besoin de revanche. Le pardon de telles marques demeure souvent un combat quotidien. Et qui ne dérape jamais, au gré d'un relâchement, d'un écho ? C'est en ce sens que le seul discours victimaire n'est pas suffisant. Le monde est ce qu'il est, composé de créatures complexes et contradictoires. Dénoncer l'horreur, le mal ne conduit souvent, à lui seul, qu'à le cautionner. En ce sens, les media par exemple, font un sinistre boulot, sous prétexte de n'être qu'informatif.

c'est toujours la séparation entre les instances, même et surtout en soi-même, qui entretient les dérapages vers le pire. La prise de conscience implique aussi le questionnement complet des mécanismes qui président à cette élaboration. C'est pourquoi je ronchonne contre les étiquettes qui permettent de glisser sur la réalité intérieure des choses et des êtres. Ce n'est pas à cause des étiquettes elles-mêmes, mais de l'usage en tant que "masques" que l'on en fait si souvent. L'art de la dissimulation c'est l'art de la réussite en ce monde matériel , semble t il !

Pourquoi persécute t on les "faibles", les naïfs", les "monstres"... c'est qu'ils renvoient à une facette que l'on a en soi et qu'on veut bannir. L'obsession de la force, de la perfection, de la puissance, de la sagesse même... Autant de "vertus" mal assumées qui font d'un Homme un tyran, un tortionnaire. Aussi, pour ma part, ai-je une méfiance viscérale envers qui, même implicitement, revendique une forme de perfection, d'absolu. Cet implicite peut être verbal ou simplement comportemental. L'on dit "trop poli pour être honnête" ! Je me méfie en effet du polissage. Qui peut s'avérer plus ravageur que la bestialité assoiffée de sang qui parfois transparaît dans les yeux, la voix, et que rien ne peut dissimuler... Cependant, l'habitude finit par tout assimiler, et j'ai parfois le sentiment que même les prétendus "éclairés" sont aveugles. J'approuve ce qu'on dit : pour mieux dissimuler, laisser à vue ! (C'est aussi le scénographe qui parle, hihi).

Aussi, pour conclure, je souhaite que l'étiquette de l'homophobie ne fasse pas ombrage aux autres rejets et persécutions, parce que c'est le même ressort qui travaille dans tout cela, et que je ne crois pas qu'on gagne à rétrécir les questions sur un seul aspect. Tout le monde plus ou moins souffre, parfois sans le savoir, d'un sentiment de non acceptation, d'étrangeté, voire de bannissement. Je n'aurais pas à rappeler ici ce qui fonde l'attitude envers l'autre, inspirée par le Christianisme, mais pas uniquement, il importe de le dire. Et je ne crois pas non plus devoir redire que nous avons besoin les uns des autres, parce que nul ne détient la vérité. L'humilité n'est jamais un acquis absolu et définitif.

Écrit par : François | 03/04/2010

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