04/03/2010

Homophobie instinctive

Je n'en ai jamais parlé à personne, car à l'époque des faits, je n'avais pas compris que c'était à cause de mon homosexualité.

Oui, adolescent, j'ai été agressé par d'autres garçons armés de bâtons, en pleine rue. Moi même je ne savais pas encore ce que c'était que d'être homo, j'étais au collège. Mais eux avaient senti cette différence, comme des fauves assoifés de violence facile.

Plus tard, après mon bac, j'étais dans une école supérieure de la République, et là aussi j'ai été agressé, tout ça pour avoir regardé un garçon. La 1ère fois, j'étais protégé car je n'étais pas seul. Mais une autre fois, on m'avait tendu une embuscade. Dire que nous étions élèves étudiants dans le même établissement censé former les hussard de cette République, et pourtant il ne s'est pas caché pour m'agresser, et je n'ai même pas porté plainte! J'étais jeune, je n'en ai jamais parlé à personne, ni à ma famille, ni aux autres élèves, ni à nos professeurs. Maintenant, ce serait la plainte immédiate avec appel à témoins. Mais combien de jeunes encore aujourd'hui se font agresser, sans oser en parler, même à leur proches? Tout ça pour un regard, il a compris et je n'ai du mon salut qu'à la force de mes jambes qui m'ont fait arriver de justesse à l'école dans la loge du gardien. Mon Dieu, quand j'y pense j'en ai froid dans le dos. Que me serait-il arrivé? Jusqu'à quel stade aurais-je été frappé?

Je n'en avais jamais parlé à personne avant maintenant...

 

 

23:43 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour avoir partagé ca avec nous..."Au commencement était le verbe..."

Écrit par : Seb | 08/03/2010

Bonjour Benoit, je ne te connais pas, mais je suis touchée de ta soif de vérité et de transparence qui émane de ton blogue.
Pourquoi je réagis à cet article ??
Quand j'avais 12 ans, je me suis faite agréssée par un de mes voisin. Juste une atteinte à la pudeur, heureusement rien de plus, mais suffisant pour me laisser un impact durable et négatif dans la relation à l'autre. Bref, je l'ai tû pendant des années, j'ai pardonné à ce voisin, mais il reste la mémoire ... Un jour, je me suis ouverte à des amies. De fil en aiguille, j'ai décidé non pas de porter plainte (trop loin, ...pas assez grave, ...) mais j'ai fait un signalement. Cela m'a vraiment soulagé. Je peux me tromper, mais il semblerai que tu "portes encore le poids de ces agressions. N'hésites pas à en parler à ceux qui te connaissent, car tu n'es pas coupable de ces agressions. Tu es victime. Je t'embrasse avec affection

Écrit par : deshors | 28/09/2010

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