25/12/2009

Entre 2 messes

Entre celle de minuit et celle du jour, quelques petites pensées. Déjà de voir s'étaler sur facebook le plaisir décuplé de manger des êtres vivants tués pour la fête, brrrr, ça me fait peur.

Quant à la messe, très belle liturgie, mais brrrrr. Quand je vois ces jeunes enaubés bien propres sur eux et fan(atisés) de Benoît XVI, je ne sais plus quoi penser. En effet, d'un côté je suis homosexuel et je ne vois aucune place pour moi en tant que tel, du moins par les hommes, car je sais bien au fond de moi que Dieu m'aime, et qu emon orientation sexuelle lui importe moins que mon degré de pratique d'amour du prochain. Or d'un autre côté, j'aime les belles liturgies qui élèvent l'âme. Même le président de la célébration l'a souligné: la conversion s'effectue aussi par le beau, par l'art!

Mais il est clair que les plus respectueux de la liturgie sont aussi en général ceux qui rejettent le plus les homosexuels et closent  tout débat. J'étais donc un peu énervé, car je ne me suis pas senti respecté non plus sur le plan musical. Je sais bien qu'il ne faut pas donner de perles aux pourceaux et qu'il doit m'arriver d'être pourceau à mon tout, mais tout de même, il me parâit légitimement "humain" d'être reconnu tel quon est (homo), et à sa juste valeur (artiste).

Je me demande si les mentalités ne sont pas inverses à la partie visible de l'évolution des moeurs. Autrefois, y compris dans la société civile, tout était dans le non-dit à l'égard des homos: "il en est" "il est de la famille", "il est raffiné", "il est élégant", "il est précieux", etc... mais au moins, si souvent les gens se moquaient des homosexuels, je pense que ça leur était égal. Je me sens parfois plus à l'aise avec des gens plus âgés qu'avec des jeunes cathos bien sous tous rapports bénédictoformatés. Je suis perplexe. Je ne suis pas assez âgé pour savoir comment c'était avant la vie d'un homosexuel catholique. On se cachait, mais tout le monde savait. Maintenant, il me semble que je dois continuer à me cacher, et surtouit faire de telle sorte que personne ne sache. brrrrr. Oui vraiment si l'Inquisition existait encore, il se trouverait des catholiques pour nous envoyer au bûcher. Et je ne parle pas d'autres religions qui continuent de justifer et même de prôner l'élimation physique des homosexuels (comme si ça pouvait être contagieux).

Bref, comme dirait Cyril, on n'est jamais à l'abri de rien quand on est minoritaire...

Suis-je donc seul à aimer à la fois les belles liturgies et à être homophile?

Jésus nous dit que nous sommes tous enfants du même Père, et donc que nous sommes ses frères!

Qui donc est mon prochain? Celui qui est le plus loin de moi? Qui ne serait pas le prochain du Seigneur, qui ne serait pas frère du Seigneur? L'homosexuel? L'homophobe? Le cathophobe? Le catholique? Le non-catholique?

Tout le monde est frère du Seigneur, c'est même pour nous l'enseigner qu'il s'est incarné et que la liturgie nous demande sur ces paroles du Credo "et incarnatus" de nous incliner à chaque fois, sauf à Noël et à l'Annonciation où l'on se met à genoux...

Nous sommes tous frères, même frères ennemis. Humainement je ne peux pas, pourtant le Christ peut tout.

 

03:17 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

cher Benoit
Le pire dans tout cela c'est que les bénédictoformatés amoureux de liturgie sont à plus de 50% des gays refoulés (ou non)...O paradoxe de la " Sainte Eglise " !

Écrit par : aelred | 28/12/2009

J'ai discuté avec un prêtre à Taizé de cette réalité qui m'est arrivée, et que j'ai décidé d'assumer. Il m'a dit que quelque chose en moi est "tordu", même si Dieu m'aime comme je suis... je n'y comprends plus rien, et je suis désormais en bazar intérieur, et je ne désire que la mort après ces souffrances en va-et-vient. Comme je ne rentre pas dans le moule de la sainte trinité qu'est l'union avec une femme, je suis nécéssairement "transitoire", je dois attendre et ne pas désespérer... ma foi s'est écroulée d'un coup, bizarrement, je ne chantais plus ces chants lancinants de la communauté, j'ai pleuré: "pourquoi m'as-tu abandonné?". Au secours!

Écrit par : rémi | 01/09/2010

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