26/07/2009

Gand, 1ère ville végétarienne!

 

La ville belge de Gand/Gent instaure un jour végétarien par semaine !

Depuis le 13 mai dernier, la ville belge de Gand, l’une des 370 villes européennes pour le climat,

pourrait bien être devenue la première du monde à promouvoir officiellement une journée

hebdomadaire sans viande.

 

Selon la FAO, le bétail est responsable de 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de

serre. C’est la raison pour laquelle les responsables de la ville, en coopération avec

l’association végétarienne EVA, ont décidé d’aller plus loin dans notre bataille commune

contre le changement climatique. D’autres villes belges ont déjà fait part de leur intérêt à

suivre l’exemple de Gand.

 

Le premier Jeudi végétarien a été lancé le mercredi 13 mai avec une cérémonie publique. Tom

Balthazar, conseiller de la ville pour la santé et l’environnement, a proclamé officiellement

que les jeudis seront des journées végétariennes.

En avant-première de cette campagne, le conseil de la ville a déjà eu l’occasion de déguster un

déjeuner végétarien gastronomique à l’hôtel de ville la semaine dernière. Lors de

l’inauguration officielle, chacun a été invité à participer à la campagne du Jeudi sans viande, et

des sachets de friandises végétariennes ont été remis à tous ceux qui participent à cette

campagne. À partir de septembre, les écoles de la ville serviront des déjeuners végétariens par

défaut les jeudis.

Les 5 000 membres du personnel de la ville recevront un plan végétarien gratuit de la ville et

une brochure gratuite sur la cuisine végétarienne sera envoyée aux professionnels des 1 500

restaurants. Il y aura des cours de cuisine pour les professionnels et les particuliers. Les

restaurants gérés par la ville pour le personnel de Gand ont développé leur carte végétarienne.

La motivation de Gand, avec l’introduction des « jeudis sans viande », comporte deux volets :

- Toute réduction de la production et de la consommation de viande, qui entraînent des

émissions de gaz à effet de serre et la dégradation des sols, de l’eau et de l’air, la

désertification et la déforestation, apportera des avantages considérables pour

l’environnement.

- Gand veut aussi être une ville en bonne santé. Non seulement un repas végétarien bien

équilibré est soutenable, mais il est aussi sain. Les Belges, et les Européens en général,

mangent trop de viande et pas assez de légumes, ce qui a des conséquences graves sur leur

santé. Une trop grande consommation de viande fait augmenter le taux de cholestérol ainsi

que le risque d’avoir certains cancers, du diabète, et d'être obèse. 

En participant au Jeudi sans viande, nous pouvons faire le choix de la santé: la nôtre et celle de notre planète.

 

Qu’est-ce que c’est et pourquoi ?

[Traduction de la page http://www.donderdagveggiedag.be/wat_en_waarom à partir du

flamand. NOTE : « Donderdag » signifie « jeudi » et « Veggiedag » signifie… « jour

végétarien »]

Donderdag Veggiedag est une campagne qui veut vous inciter à manger végétarien, au

moins une fois par semaine. Un jour de la semaine sans viande ni poisson, mais plein de

fruits et légumes. Un jour végétarien le jeudi. Le jeudi devient le ‘jour sans’. Le ‘jour

santé’.

Donderdag Veggiedag est une campagne de EVA, l’organisme qui informe le public sur

l’alimentation végétarienne. EVA est soutenue dans cette campagne par Alpro Soya.

Pourquoi devriez-vous y participer? Il existe un tas de bonnes raisons de manger moins de

viande :

· POUR LA SANTÉ :

Les Belges ne mangent pas assez de fruits et légumes, et beaucoup trop de viande et autres

produits d’origine animale. Manger sain et végétarien signifie moins de graisses animales et

de cholestérol, moins de fibres, plus de fruits et légumes. Une consommation trop importante

de viande augmente vos chances de développer des maladies cardiovasculaires, certains

cancers, l’obésité et le diabète.

· POUR L’ENVIRONNEMENT

Le bétail est responsable de nombreuses conséquences néfastes pour l’environnement. Ainsi,

18% des gaz à effet de serre sont à imputer au bétail – c’est plus encore que la circulation et le

transport.

· POUR LES ANIMAUX

En Belgique, chaque année, quelque 285 millions d’animaux sont tués pour l’alimentation.

Sur toute sa vie, un Belge moyen mange le tiers d’un cheval, 5 boeufs et veaux, 7 moutons et

chèvres, 24 lapins et gibier, 42 porcs, 43 dindons et autres volailles, 789 poissons et 891

poulets.

· POUR LES AUTRES ÊTRES HUMAINS

La viande est un produit inefficace. Une grande partie de la production mondiale de grains et

de soja est destinés à l’alimentation des animaux, alors qu’il serait plus efficace pour ces

produits d’être directement utilisé pour la consommation humaine.

EVANA interroge Tobias Leenaert de

l’association EVA, Belgique

Le 13 mai 2009, Tom Balthazar, échevin au conseil municipal de Gand, chargé de la santé et

de l’environnement, a lancé la campagne du « Jeudi végétarien » qui a été organisée en

collaboration avec l’association EVA (Ethical Vegetarian Alternative, soit Alternative

végétarienne éthique). Presque immédiatement après la diffusion du communiqué de presse

annonçant la journée hebdomadaire sans viande, des réactions sont parvenues du monde

entier, ce que même les organisateurs n'avaient pas prévu.

 

EVANA, l’Agence presse européenne végétarienne et

animale, (http://www.evana.org/) a voulu en savoir plus sur

ce formidable nouveau projet et a demandé à Tobias des

précisions sur l’historique de la campagne, sa préparation et

son écho dans le monde.

 

EVANA : Tobias, tout d’abord, nous voudrions vous

féliciter, ainsi que votre association, pour cette réussite

incroyable de la nouvelle campagne du « Jeudi végétarien ».

Vous attendiez-vous à susciter autant d’intérêt dans le

monde ?

TOBIAS LEENAERT : Pas du tout. Je pensais que si nous

devions faire un communiqué de presse international, il

fallait le faire maintenant parce que c’est quelque chose de

nouveau et d’original, mais je ne m’attendais vraiment pas à tout cet intérêt.

QUESTION : Pensez-vous que cette étonnante frénésie médiatique pourrait avoir un rapport

avec le fait que, partout, des gens attendent que des politiciens courageux s’engagent dans des

initiatives sans viande ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les réactions ?

RÉPONSE : Nous savons que la prise de conscience des gens sur les questions

relatives à la viande (et en particulier l'impact sur le réchauffement climatique)

augmente et oui, peut-être que nombre d’entre eux ont compris qu’il fallait que

quelque chose de vraiment sérieux se produise, et cela ne peut être accéléré qu’avec un

certain courage politique.

Les réactions que nous recevons sont extraordinaires. Ce n’est pas seulement

l’attention de la presse mondiale, mais aussi les félicitations de groupes et de

personnes du monde entier. Les gens disent qu’ils ont envie de reprendre cette idée, et

c’est vraiment ce que nous voulions faire avec le communiqué de presse. Je pense que

c’est formidable d’avoir pu montrer qu’une telle initiative est possible, et ce précédent

facilitera la tâche d’autres groupes et d’autres villes qui voudraient faire la même

chose.

QUESTION : Comment le projet est-il né ? Qui a eu l’idée ? Combien de temps a duré la

phase de préparation ?

RÉPONSE : Notre campagne Thursday Meatout (jeudi sans viande) existe depuis un

an et demi maintenant. Nous sommes arrivés à l’idée d’une journée hebdomadaire

sans viande par nous-mêmes je pense, mais ensuite, nous avons constaté qu’il existait

déjà des lundis sans viande aux États-Unis.

QUESTION : Comment avez-vous réussi à obtenir un premier contact si constructif avec la

municipalité de Gand ? Y a-t-il eu un intérêt officiel immédiat ou avez-vous eu beaucoup de

travail pour convaincre ?

RÉPONSE : Eh bien, ce qui a aidé, c’est que l’an dernier, nous avons persuadé le

président du GIEC, Rajendra Pachauri, de venir à Gand (nous lui avons simplement

demandé, si vous voulez savoir comment nous avons fait), où il a parlé pour la toute

première fois dans le détail de la viande et du réchauffement climatique. Tom

Balthazar, l’échevin en charge de l’environnement, était présent et il était encore plus

convaincu après cela. Nous avons pris contact avec deux personnes de son équipe, qui

étaient aussi enthousiastes, et nous leur avons suggéré de demander à Balthazar s’il

serait prêt à proclamer officiellement les jeudis jours végétariens.

Nous sommes également fiers de dire que M. Pachauri a été inspiré par notre idée d’un

jour végétarien et qu’il répand la bonne nouvelle dans le monde.

QUESTION : Mais peut-être certains des hommes politiques étaient déjà végétariens, ce qui a

aidé à mettre sur pied cette coopération constructive ?

RÉPONSE : Pas du tout. Toutefois, Gand est une ville très accueillante pour les

végétariens. Nous avons 13 restaurants végétariens pour une population de

240 000 habitants, ce qui est bien mieux que n’importe quelle ville occidentale que je

connaisse.

QUESTION : Vos partenaires politiques sont-ils principalement issus du secteur de la santé

publique ou bien avez-vous impliqué des spécialistes de l’écologie ?

RÉPONSE : Tom Baltazar, l’échevin, est en charge des quatre domaines que nous

désignons généralement comme les quatre bonnes raisons de devenir végétarien :

santé, environnement, bien-être animal et relations Nord-Sud. Donc, c’est lui qu’il

nous fallait atteindre.

QUESTION : Un journal allemand a déclaré Gand « capitale des végétariens ». Vos

responsables locaux doivent être heureux de ce genre d’action de relations publiques pour leur

ville ?

RÉPONSE : Oui, ils ont l’air vraiment ravis. En fait, je viens d’entendre le maire à la

radio et il a prétendu que la campagne faisait partie de son grand projet marketing pour

la ville :-)

QUESTION : Avez-vous prévu quelque chose pour les touristes végétariens qui veulent

participer aux jeudis sans viande de Gand ?

RÉPONSE : J’espère qu’ils pourront lire notre carte des restaurants végétariens de la

ville en néerlandais. Cela ne devrait pas être bien difficile. Mais ils peuvent aussi nous

contacter.

QUESTION : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la « capitale végétarienne » ?

Comment cette incroyable variété de magasins et lieux de restauration végétariens s’est-elle

produite ?

RÉPONSE : En fait, je ne sais vraiment pas. Mais nous sommes dans une ville

progressiste, avec énormément d’étudiants.

QUESTION : Quelles sont les villes qui ont demandé des renseignements pour mettre elles

aussi en place des jours sans viande ?

RÉPONSE : En Belgique, il y en a deux pour l’instant (Hasselt et Merelbeke). Les

Verts ont fait une proposition pour Louvain. Nous avons reçu des mails d’Allemands,

de Animal Aid et de Peta UK qui voulaient davantage d’informations car ils ont leurs

propres projets.

QUESTION : Quel est votre conseil pour une association végétarienne qui voudrait suivre

l’exemple d’EVA afin d’établir des contacts décisifs avec les décideurs ?

RÉPONSE : Nous sommes dans une bonne période pour le végétarisme, mais d’un

autre côté, il faut que l’association soit crédible. Je pense que nous sommes aussi la

seule association végétarienne du monde dont la structure est financée par le

gouvernement (nous avons commencé comme une association de bénévoles et avons

obtenu des subventions plus tard – mais attention, nous sommes totalement

indépendants). Nous avons travaillé pendant des années à nous constituer une image

crédible et professionnelle. Cela aide de ne pas être une association pour les droits des

animaux, car les associations et institutions traditionnelles sont plus susceptibles d’être

intéressées par les arguments de la santé et de l’environnement.

QUESTION : EVA travaille-t-elle ailleurs dans le pays ? Sinon, avez-vous des projets pour

élargir sa portée de façon à ce que des dispositions similaires puissent être prises dans

d’autres régions belges ?

RÉPONSE : Certainement, nous voulons étendre notre portée et faire en sorte

d’impliquer autant de villes que possible. Et qui sait, peut-être aurons-nous une

journée végétarienne hebdomadaire au niveau national un jour. Pour l'instant, nous

travaillons en Flandre (partie de langue flamande de la Belgique).

EVANA : Tobias,

à EVANA, nous croisons les doigts pour que cette formidable initiative s’épanouisse et se

répande dans les années à venir, et je vous remercie beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à nos

questions.

Et pour nos amis néerlandophones/ hier in ‘t nederlands :

http://www.donderdagveggiedag.be/

Nouveau: la ville flamande de Hasselt, au nord-est de la Belgique, appelle ses habitants à réduire leur consommation de viande pour protéger l’environnement, sur le modèle de Gand. A partir du 1er octobre, les écoles de la ville sont appelées à mettre en place une "journée végétarienne" par semaine. Les restaurants, quant à eux, sont invités à proposer davantage de choix végétariens dans leurs menus.

 

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En participant au Jeudi sans viande, nous pouvons faire le choix de la santé: la nôtre et celle de notre planète.

00:17 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Et pourquoi le jeudi? Pour ne pas avoir l'air "cathos"? S'ils l'avaient mis le vendredi, ils auraient contenté tout le monde. Ah oui, j'oubliais, il paraît qu'un concile a aboli des pratiques ringardes...

Écrit par : JP | 26/07/2009

Au début je me disais la même chose: pourquoi un jeudi et pas un vendredi? Peut-être justement pour défier le laxisme vaticaniste, car «les fils de ce monde sont plus habiles que les fils de la lumière».

Eh bien, si le "concile" de Vatican II a "aboli" des "pratiques ringardes" comme le végétarisme du mercredi et vendredi, comme la messe traditionnelle, comme le missionarisme, comme le chant grégorien: alors voilà une raison de plus pour le jeter à la poubelle!

Écrit par : Georges | 27/07/2009

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