24/03/2009

Tolérance

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Y  a toujours eu des homosexuels humains, en pourcentage constant quelle que soit la civilisation et quelle que soit l’époque. Ce qui gêne nos hiérarques empourprés et autres grenouillettes de bénitiers, c’est uniquement la visibilité.

Pourtant, il faudrait, mais c’est impossible, il faudrait comprendre que le désir de visibilité n’est ni une revendication ni une ostentation, ni une provocation (de ce côté-là, nous n’avons d’ailleurs pas de leçon à recevoir me semble-t-il). Non, la visibilité, c’est pouvoir être ce que nous sommes sans en avoir honte, sans nous renier. Est-il normal de vivre caché quand on est homosexuel ? A ceux qui ne nous tolèrent que cachés, je demande de remplacer le mot homosexuel par le mot juif et l’énormité d’une telle pensée ne pourra que sauter aux yeux.

On dit des tas de choses sur le passé, mais je crois que nos ainés étaient au moins aussi tolérants. On utilisait d’autres mots : « Il en est ! » « précieux », « raffiné », etc… Je viens de (re)voir à la télé le film avec Fernandel « Le Schpountz ». Et au détour de plusieurs scènes, l’histoire se passant dans le milieu du cinéma, on voit par exemple Pierre Brasseur dont les termes employés et les manières de se comporter ainsi que la façon de parler sont sans équivoque (dans le rôle !). Personne ne le dit, mais tout le monde comprend ! Il y a des exemples à la pelle avant le début d’un visibilité plus formelle !

Aujourd’hui, suite à la bêtise de ce pape qui ne fait rien d’autre que vider les églises et monter l’opinion contre la foi catholique et les chrétiens, la Voix du Nord, grand quotidien régional d’information, titrait sur toute sa 1ère page :

CATHOLIQUES MEURTRIS

Et ça continue en page 2 et 3…alors qu’on ne vienne pas me dire que j’exagère. Non, dans le genre, je pense être pondéré et réfléchi. Le respect fait partie des droits et devoirs de l’homme, qu’on soit pape célibataire ou homosexuel pratiquant.

La parole de Dieu est un trésor inépuisable car Dieu y est présent. Dans le silence nous pouvons écouter tant de choses, et surtout Lui :

« Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. »

Liturgie des heures, Jl 2, 12-13

Et puisque demain l’Eglise meurtrie à la fois par son pape irresponsable et par ses ennemis célèbrera la solennité de l’Annonciation, redisons ces paroles toutes simples qui en Latin commencent par le mot « Angelus » :

L’Ange du Seigneur apporta l’Annonce à Marie

-          Et elle conçut du Saint-Esprit

-           

-          Ave Maria, gratia plena

-          Dominus tecum

-          Benedicta tu in mulieribus

-          Et benedictus fructus ventris tui Jesus.

-          Sancta Maria Mater Dei

-          Ora pro nobis peccatoribus

-          Nunc et in hora mortis nostrae.

-          Amen

Voici la servante du Seigneur

-          Qu’il me soit fait selon ta parole

Ave Maria etc..

Et le Verbe s’est fait chair

-          Et il a habité parmi nous

Ave Maria etc…

Que ta grâce, Seigneur notre Dieu, se répande en nos cœurs, et maintenant que nous connaissons par le message de l’Ange, l’Incarnation de ton Fils bien aimé, fais que nous soyons conduits, par sa Passion et par sa Croix, jusqu’à la gloire de la Résurrection, par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

23:51 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

L'ARCHEVEQUE DE POITIERS D'EXPRIME A SON TOUR... "0n ne construit pas un avenir de l’homme uniquement en jouant sur le permis et le défendu, parce que la morale ne dépend pas seulement d’une technique. Il faut revenir à la signification humaine des problèmes qui sont posés. C’est très joli de donner un idéal. Le monde n’est quand même pas perpétuellement adolescent… heureusement ! L’idéal, comme l’horizon, est invivable. Car lorsqu’on pense l’approcher, il apparaît toujours plus loin. Le problème n’est donc pas la question de l’idéal, ni même des repères. Tous repères sont forcément dans un environnement donné. Ils ne peuvent être en suspension dans l’air, autour de rien du tout. Si on ne recherche pas un accord commun de sens, à ce moment-là on isole l’Église de sa participation à l’histoire humaine. Elle en sera réduite à se parler à elle-même.

Dans toutes ces questions, il y va de la vie des hommes. Le véritable problème est « qu’est-ce qui fait vivre ? Qu’est-ce qui met debout ? Qu’est-ce qui rend responsable de son existence ? » Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’exigence à poser. Au contraire, je suis persuadé qu’il faut en poser, mais pas sous forme manichéenne du tout noir-tout blanc, du permis et du défendu. Regardons l’Évangile. Le Christ dit au paralysé : « Lève-toi et marche ! » Imaginons que l’homme lui réponde : « Je suis bien couché, je n’ai pas envie de me lever ». Le Christ ne va quand même détruire son grabat. Si cet homme ne se met pas debout, il ne pourra pas être guéri. Nos paroles mettent-elles les gens debout ? Sont-elles des paroles de vie ? Voilà pourquoi dans nos paroles, il faut toujours se repositionner par rapport à la vie des gens, par rapport à ce sursaut évangélique.

Y-a-t-il moyen de réduire l’écart entre l’Église et le monde actuel ?
La crédibilité ne se décrète pas. Par conséquent, la crédibilité ne se retrouvera que par l’humilité de partager la vie des hommes, en étant à leur écoute, que par le partage de leurs peines, que par le désir de partager avec eux notre espérance et de les aider à se mettre debout. Il n’y a pas d’autres moyens que Nazareth, que de cheminer comme le Christ sur les routes de Galilée. Il n’y a pas d’autres moyens que le partage de la fragilité humaine. C’est en devenant frères que les chrétiens deviennent crédibles. Cela fait vingt siècles qu’on le sait et cela fait vingt siècles, qu’après chaque moment difficile comme celui que nous vivons, il nous faut reprendre les mêmes pas.

Mgr Albert Rouet Archevêque de Poitiers (extraits)

Écrit par : Jean-Marie | 01/04/2009

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