17/12/2006

GAUDETE

J’assume pas…

Comme catholique, alors que je devrais témoigner pour évangéliser mon prochain : j’assume pas

Comme homosexuel, vis-à-vis de moi, des autres, de Dieu : j’assume pas.

Maison achetée pour prouver que je pouvais m’assumer, mais voisins incompatibles, même si j’y habite, je n’y vis pas : j’assume pas.

Pour le sacrement du pardon, rendez-vous manqué avec mon accompagnateur dominicain,avec cette journée du pardon, et avec le Christ : j’assume pas.

 

Même le véto me fait comprendre que j’assume pas.

Sur scène lundi pour ce concours, je dois assumer.

 

Ce 3ème dimanche de l’Avent est dit du « GAUDETE » « REJOUISSEZ-VOUS ».

Voici l’homélie que j’ai entendue ce soir. Plutôt triste de me sentir si loin de Dieu à cause de mes péchés, je l’ai écoutée  :

 

Homélie du 3ème dimanche de l’Avent 2006

 

Même si la formule générale : « bonnes fêtes de fin d’année » a tendance à supplanter  l’invitation à un joyeux Noël, nous allons certainement prononcer plus d’une fois cette formule traditionnelle chargée de message chrétien. La joie de Noël s’exprime sans aucun doute dans les regards des enfants comblés d’attentions et de cadeaux, comme dans les retrouvailles familiales. Plus profondément, elle est la joie d’une humanité visitée par Dieu, rejointe dans la simplicité et l’humilité. La joie de Noël, c’est la joie d’une promesse accomplie, l’annonce d’un salut tout proche. Cette joie continue de nous être offerte, à nous, qui désirons de toutes nos forces que vienne le Règne de Dieu.

 

Prenons le temps d’accueillir cet appel à la joie ! Il sonne juste, car il habite le cœur du croyant qui s’en remet à Dieu et vit dans l’esprit des béatitudes. Il n’est en aucune sorte une méthode Coué, une sorte de méthode infaillible pour tout voir positivement. La joie nous est offerte comme un don de Dieu, un sentiment lié à la paix et à la sérénité, dont parle Paul aux Philippiens. Elle est émerveillement devant le mystère de notre salut. Elle conduit à l’action de grâce et renforce la relation d’amour entre le croyant et Dieu. La joie, c’est ce bonheur accueilli et partagé, cette circulation de grâce qui confère paix et légèreté à qui s’y prête. Fragile et insaisissable, la joie possède en germe la puissance des commencements. Elle ouvre un avenir, elle nous fait entrer dans la vie de Dieu, dans l’incessant échange d’amour entre le Père, le Fils et le Saint Esprit, la merveilleuse aventure d’alliance entre Dieu et les hommes. C’est la joie des noces entre Dieu et l’humanité, la joie d’une création restaurée dans sa visée première, la joie de l’accomplissement du projet de Dieu et d’une humanité réconciliée dans sa vocation initiale.

 

En ce troisième dimanche de l’avent, Dieu nous propose sa joie. Allons-nous rester sourds à cette invitation ? Allons-nous nous retrancher dans la froideur d’une analyse raisonnable pour juger que rien ne va et succomber au pessimisme désabusé sur les temps qui courent ? Cette attitude est bien répandue. Croyants, nous ne sommes pas à l’abri d’une telle position. Nous pouvons même l’argumenter au nom de valeurs perdues ou menacées. Notre espérance peut être mise à mal par l’ampleur du mal et des violences qui chaque jour méprisent l’homme et en particulier les plus faibles. Nous pouvons douter de la proximité du Règne de Dieu tant sont nombreuses les situations d’injustice et de détresse. Il ne resterait plus alors qu’à nous lamenter et à vivre dans la tristesse, à moins que, renonçant à toute ambition collective pour notre humanité, nous options pour un bonheur immédiat dans la consommation et les plaisirs sans lendemain, position adoptée par nombre de nos concitoyens.

 

La joie de Dieu est un cadeau à accueillir, une invitation à entrer dans la danse des temps nouveaux. Elle est au cœur de la prière de Jésus qui monte vers son Père en disant :

 « Je parle ainsi pour qu’ils aient en eux ma joie et qu’ils en soient comblés. » (Jn17,13) Accueillir cette joie de Dieu, c’est changer de perspective, c’est se prêter à une véritable conversion. A l’image des foules venues écouter Jean-Baptiste, nous pouvons alors demander : «  Que devons-nous faire ? », et nous entendrons les invitations à la justice et au partage, à la simplicité et à la non-violence. Nous pourrons alors nous ouvrir à l’avenir que Dieu nous propose et ajuster notre monde au Règne de Dieu tout proche. Nous vivrons la joie des fils de Dieu, de ceux qui ont été « baptisés dans l’Esprit Saint et dans le feu » et notre joie, « nul ne pourra nous la ravir » (Jn16,22) ! Cette joie est en effet fruit de l’Esprit Saint. Elle vient de ce que nos noms sont inscrits dans les cieux et pas de nos actions si remarquables soient-elles. (cf Lc10,20)

 

« Frères, soyez toujours dans la joie, laissez-moi vous le redire, soyez dans la joie ! »

 

Laissons cet appel retentir dans notre prière. Goûtons-y la paix de Dieu, « cette paix qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer » (Phil4,7). Rendons-lui grâce et présentons-lui nos demandes avec ferveur, pour que vienne son Règne ! « Le Seigneur nous renouvellera par son amour » comme l’annonçait le prophète Sophonie, « il dansera pour nous avec des cris de joie, comme aux jours de fête ». Alors, oui, vraiment Dieu habitera au milieu de nous, nous serons son peuple et il sera notre Dieu, l’Emmanuel parmi nous ! Amen.

 

01:01 Écrit par Beno dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour tes commentaires, et pour cette belle homélie qui peut, en effet, nous rendre tristes mais qui ne doit nous pas nous empécher de rester dans la joie.C'est ce que je te souhaite tout au long de cette fin d'Avent.

Écrit par : Frère Philein | 17/12/2006

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